Le festival des poulpes
Kerkennah, toujours paré de ses plus beaux atours
Deux festivals se déroulent à Kerkennah chaque année : Le Festival La Sirène et
le Festival du poulpe.
Festival la Sirène à lieu entre la dernière semaine de juillet et la première
semaine d'août. Les festivités incluent des troupes de musique folklorique, jeux
et folâtrent des concours.
De temps en temps, les artistes célèbres Tunisiens aussi bien que les étrangers
obtiennent la possibilité d'y participer. Si vous souhaitez voir les festivités
locales, il est important pour vous de ne pas manquer le dernier jour du
festival. C'est le jour où le défilé de la ville marche par la rue principale de
Ramla. Chaque village de Kerkennah montre ses propres costumes traditionnels,
bande folklorique, et techniques de pêche. Le festival du poulpe se déroule
durant le dernier week-end de mars et dure pendant trois jours. On le tient pour
célébrer la fin de la saison et l'espoir que la pêche au poulpe soit par la
suite une réussite. Les festivités incluent des expositions de pêche, etc...
C'est la plupart du temps la possibilité pour des pêcheurs pour conférer l'un,
l'autre et pour adresser leurs soucis au maire. Le festival de poulpe inclut
également un dernier défilé de jour.
LA
PÊCHE
Les kerkenniens vivent essentiellement de la pêche. Ils utilisent plusieurs
techniques de pêche.
* La pêche à la bouteille :
C’est surtout les jeunes qui ont entre 10 et 15 ans qui utilisent cette manière
de pêcher. La technique est simple il suffit de prendre une bouteille vide, de
faire un trou au fond, de mettre du pain dedans et de mettre la bouteille dans
l'eau. Dès qu'un poisson entre dans la bouteille il suffit de se précipiter
dessus en bouchant le trou de la bouteille avec sa main.
* La pêche au filet:
Il y a 2 styles de pêche au filet, la première est de guetter le poisson et dès
qu'on en aperçoit il suffit de lancer le filet. Ainsi les poissons n'ont aucune
chance de s'échapper. La 2ème technique est de prendre un long filet est de le
mettre dans l'eau assez loin du rivage et le laisser une demi journée ou plus.
Une fois les poissons attrapés, il suffit juste de les retirer du filet un par
un.
* La pêche au charfias:
La méthode de pêche la plus employée à Kerkennah est le piège à poissons appelé
«charfia ». Déjà utilisée il y a 2500 ans par les Phéniciens, elle est toujours
largement utilisée dans chaque village de l'île, surtout à Mellita et Sidi
Youssef.
La technique est simple mais ingénieuse, il faut couper des feuilles de palmier
et les disposer en forme de V, ainsi alignées dans l'eau les feuilles forment un
chemin. Les chemins conduisent le poisson jusqu'à des cages où le poisson peut
entrer mais ne peut plus ressortir.
* Le ramassage des crustacés: il faut attendre que la marée soit basse, puis se
munir d'un sachet ou d'une boîte (elle servira à mettre les crustacés dedans).
Il suffit de marcher dans l'eau, de préférence dans un endroit où il y a des
algues, les huîtres et les escargots de mer aiment bien s'y cacher. Ensuite il
ne reste plus qu'à marcher jusqu'à ce que vous sentiez une matière dure sous vos
pieds.
Histoire de Kerkennah
De nombreuses ruines
témoignent le rôle important qu’a joué les îles de Kerkennah appelées aussi
Kerkyna et Kyrannis à travers l'histoire stratégique dans la méditerranée. Sa
position stratégique a été exploitée par des hommes célèbres qui sont passé par
la région en provenance de l’Orient, de la Grèce et de Malte.
Les
récentes fouilles dans la région de Borj El Hessar à coté de la zone touristique
de Sidi Fredj ont mis en évidence la superposition de différentes civilisations
correspondant à plusieurs époques :
* Époque Phénicienne (1200 - 600 ans avant J.C)
* Époque Carthaginoise (500 - 200 ans avant J.C)
* Époque Romaine (200 avant J.C - 500 ans après J.C)
* Époque Musulmane (622 après J.C)
* Époque Espagnole (1212 après J.C)
* Époque Ottomane (1451 - 1851 après J.C)
* Époque Moderne (après 1851)
.
APERCU HISTORIQUE
En mai 1992, un agriculteur au volant de son
tracteur laboure un champ à la recherche de pierres pour la construction et
constate soudain que sa charrue s'est tordue et que le tracteur avançe par
saccades. A sa grande surprise la charrue s'est accrochée à un sarcophage
d'un caveau funéraire et non à un bloc de pierre. La scène s'est passée dans
un champ situé sur la falaise qui longe le bord de mer dans l'ancienne cité
Cercina -appelé aussi El Médina- à Borj El Hissar. Cette découverte fortuite
a entraîné la disparition des objets précieux contenus dans la tombe punique.
Devant cette situation de pillage archéologique, l'Institut National du
Patrimoine a lancé une campagne de fouilles archéologiques et procédé à une
protection du site.
Ces fouilles récentes à Borj El Hissar ont mis en évidence la superposition
de différentes civilisations correspondant aux époques suivantes:
- époque phénicienne (1200 - 600 ans avant J.-C.);
- époque carthaginoise (500 - 200 ans avant J.-C.);
- époque romaine (200 avant J.-C. - 500 ans après J.-C.);
- époque musulmane (622 après J.-C.);
- époque espagnole 1212 après J.-C.);
- époque ottomane (1451 - 1923 après J.-C.);
- époque contemporaine.
Les nombreuses ruines et vestiges témoignent d'une grande vitalité et du
rôle important qu'ont joué les Iles Kerkennah à travers l'histoire. Elles
occupent une position stratégique sur le littoral tunisien, position avancée
qui fut exploitée par les hommes importants en direction de Malte, de la
Sicile, de la Grèce et de l'Orient..
ÉPOQUE
PHÉNICIENNE
Le nom de Kerkennah vient
probablement de Kyrakyn qui est l'appellation donnée par les Phéniciens à la
plus grande agglomération qu'ils ont fondée sur la côte Nord-Est et l'ont
dotée d'un port de commerce. Si on enlève les voyelles on retrouve la racine
(KRKN) du nom arabe de Kerkena. L'écriture phénicienne est une écriture
consonantique -sans les voyelles comme dans l'écriture arabe-. La
transcription en caractères grecs a généré deux graphies: Kyrannis ou
Kyraunis. Dans la littérature on trouve les deux écritures qui ont été
transposées dans l'écriture romaine en Cyrannis ou Cyraunis. Les vestiges de
cette grande agglomération se trouvent au pied du Borj El Hissar où ont lieu
actuellement les fouilles archéologiques.
EPOQUE
CARTHAGINOISE
C'est dans les récits
d'Hérodote (grand historien grec du Ve siècle avant J.-C.) qu'on reconnaît
les îles Kerkena qu'il décrit ainsi en parlant de l'Afrique: "Il y a sur la
côte une île nommée Kyrannis, longue de deux cents stades, reserrée dans sa
largeur. On y accède aisément depuis le continent, et elle est couverte
d'oliviers et de vignes."
Cette connaissance des îles Kerkena lui vient probablement des Carthaginois.
Hérodote avait entièrement raison en ce qui concerne l'accès aux îles
Kerkena depuis le continent de même pour ce qui est de l'olivier et de la
vigne.
En effet, à marée basse entre Sidi Mansour (continent) et Sidi Youssef (Kerkena)
on peut se promener à pied en mer et les bateaux ne peuvent circuler que
dans le Chenal des Kerkena. Toute cette étendue est composée de hauts fonds
dont la profondeur varie entre 0,50 m et 1,50 m. et qui ne sont praticables
qu'à marée haute.
Les études géologiques
récentes, les prospections et les fouilles archéologiques menées depuis 1992
par une équipe de l'Institut National du Patrimoine ont montré que la mer a
avancé en certains endroits de l'île (Bordj El Hissar) de 100 m à 200 m en
2000 ans soit 5 cm à 10 cm par an. Pour vérifier ce phénomène, il suffit de
mesurer la distance séparant la plage actuelle de Hajrat El Baw qui
représente l'emplacement de l'ancien port de commerce de la ville de Cercina
pour trouver que l'érosion est inférieure à 5 cm par an. A ce rythme, les
îles Kerkena résisteront encore des milliers d'années devant l'érosion
marine. Cette résistance à la montée des eaux sera accentuée par
l'édification de digues de protection le long du littoral.
Les études réalisées dans le cadre du Projet International de l'Elévation du
Niveau Marin (Phase II: International Sea-Level Rise Project) ont montré la
fragilité des côtes tunisiennes du nord au sud. Les espaces considérés en
danger se situent entre 0 et 2 m dans le cas du scénario pessimiste. Mais
dans un autre scénario optimiste, la montée des eaux ne sera que de quelques
décimètres à un mètre; ce qui confirme les chiffres calculés ci-dessus sur
les 2000 dernières années.
De même un sondage effectué à Bordj El Hissar a permis de découvrir des
pépins de raisins dans un niveau daté du Ve siècle av. J.-C.
Les fouilles menées à Borj El Hissar sur le versant côté mer ainsi que les
prospections à travers les ilots de l'archipel ont montré une présence
punique très dense avec une occupation humaine plus importante que de nos
jours (voir la carte des sites archéologiques). C'est ainsi que tous les
îlots (Gremdi, Erramadia, Errakadia, Sefnou, Echarmadia) ont été occupés
bien avant l'invasion romaine. La simple prospection a permis de relever sur
certains sites des morceaux de céramique remontant au Ve siècle av. J.-C.
Certaines structures monumentales comme ce mur de cinq cents mètres de long
aujourd'hui dans la Sebkha de Khlij à Bounouma témoigne de l'importance des
établissements humains; de même ces ruines de Lazded (Henchir Zribi) entre
Khcharem et Kraten qui aujourd'hui sont en pleine sebkha.
Les premiers marins qui ont abordé les rivages de Kerkena venant de leur
Phénicie natale ont dû mettre du temps avant de se familiariser avec les
hauts fonds qui ceinturent l'archipel et qui constituent de véritables
pièges pour la navigation. Ils ont dû apprendre à naviguer dans les Oueds et
les Bhirates pour les suivre à la recherche d'un abri. C'est pourquoi du
reste les ruines les plus importantes se trouvent aujourd'hui soit au Nord,
du côté du continent là où les eaux sont profondes (site d'El Hissar,
Bounouma, Kraten) soit à l'Est du côté des hauts fonds mais au bord d'un
Oued (Oued-Mimoun: Zraïeb Ouarda, Oued Saâdoun-Bhiret El Abassia) et au Sud
à Sidi Hadj Ali Ettaouil (Ouled Bou Ali)
Ces marins ont eu surtout, dans un premier temps, à résoudre le problème du
ravitaillement en eau. Ils devaient avoir un grand talent de sourciers, eux
qui ont jalonné les îles et les îlots de puits creusés au bord de la mer,
sous la dalle calcaire quaternaire pour obtenir une eau souvent douce (Bir
El Ouest à Bounouma titrait moins de 1g/l.) à très faible profondeur (l'eau
de certains puits peut être puisée à la main).
La plupart de ces puits sont encore en activité: Zorhi au centre de l'île
Chergui. Les cinq puits se trouvent au confluent des pistes menant à Ouled
Kacem et Ouled Bou Ali.
D'autres puits se trouvent à El Aïoun, Chergui, Aïoun Zouaghi, Hamadet
Jouabeur, sans oublier les nombreux puits de Sefnou, d'Erramadia et de
Gremdi, ni surtout Bir Errass à Bounouma connu de tous les marins venant du
Sahel (Mahdia...), ni les puits de Sidi Hadj Ali Ettaouil connus surtout des
pêcheurs d'éponges de Zarzis et de Djerba qui venaient en été y faire le
plein d'eau douce.
Par la suite est venu le règne des citernes, longues, arrondies aux
extrémités à la manière punique, réutilisées par la suite par les romains.
Ces citernes se comptent aujourd'hui par dizaines; on les retrouve partout,
y compris sur les îlots: Gremdi, Erramadia, Sefnou; certaines d'entre elles
sont encore utilisées de nos jours, telle cette citerne d'El Ksar à Chergui
où les habitants d'un quartier nouveau viennent s'approvisionner en eau
douce.
La densité de la présence punique témoigne d'une occupation humaine
importante (sans doute plus importante qu'aujourd'hui) et d'une économie
prospère où les produits de la mer devaient déjà occuper une grande place.
C'est cette prospérité qui a permis à Kerkena, en 217 av. J.-C. d'échapper à
la mise à sac en payant un lourd tribut (250 kg d'argent environ) au consul
Cnaeus Servilius Germanus qui venait de dévaster Djerba. Les fouilles
conduites par l'I.N.P. sur une vaste zone comprise entre Bordj El Hissar et
la mer et qui viennent d'atteindre les niveaux puniques permettront de
répondre à un grand nombre de questions que l'on se pose encore sur cette
période de l'histoire de l'archipel.
Au cours de la seconde guerre punique, les historiens rapportent un épisode
célèbre: en 195 av. J.-C., Hannibal partant s'exiler en Orient, fit une
halte aux "îles Kerkena"; mais craignant que la nouvelle de son passage ne
parvienne vite aux Romains sur le continent, l'illustre stratège offrit, à
terre, un banquet bien arrosé et comme c'était l'été, tous les bateaux
amenèrent leurs voiles pour faire de l'ombre, excepté le sien et quand tout
ce monde fut endormi, Hannibal en profita pour mettre les voiles tant et si
bien que lorsque la nouvelle de son passage parvint à l'ennemi, il était
déjà bien loin.
L'EPOQUE ROMAINE
En l'an 88 avant J.-C., le général romain Caius
Julius Caesar, commandant de l'armée d'Afrique se réfugia sur l’île en compagnie
de son fils, dans une barque de pêcheurs. Ils y trouvèrent asile pendant deux
ans jusqu'à leur retour triomphal dans Rome où ils seront accueillis par Lucius
Cornelius Cinna.
Pendant la guerre civile qui
opposa Jules César à Cnaeus Pompée (49-48 av. J.-C.), l'archipel servit de lieu
d'approvisionnement en céréales pour l'armée d'Afrique, pour le compte des
partisans de Pompée. C'est alors que César envoya Caius Salluste à Kerkena pour
couper les vivres aux troupes de Pompée.
Salluste, bien reçu des cercinates, trouva chez eux de grandes quantités de blé
dont il chargera un grand nombre de navires réunis dans le port, de manière à ce
qu'il portât ainsi l'abondance et la victoire dans le camp de César. Salluste
lui-même nommé pro-consul dans la Numidie devenue romaine (46 av. J.-C.), compta
Kerkena parmi les dépendances de son gouvernement et il l'a sans doute entourée
de tous les égards. Les traces de bâtiments immenses (murs de plusieurs
centaines de mètres de long) relevées à Roumadia et à Bounouma seraient-elle
celles des entrepôts qui ont servi aux céréales engrangées pour les armées
romaines des deux camps?
Au début de l'ère chrétienne, Caius Sempronius Grachus fut déporté sur l’île
pendant 14 ans pour avoir entretenu des relations avec Julie, fille de
l'empereur Auguste. C'est là que Tibère, troisième mari de Julie, devait le
faire exécuter en l'an 15 après J.-C. Julie, elle-même devait être reléguée dans
île de Pandateria pour son inconduite. A partir de Dioclétien (284 ap. J.-C.)
l'archipel relève administrativement de Byzance avec une représentation sur le
continent à Hadrumète (Sousse).
Ce sont les Romains, au IVe siècle de notre ère, qui ont fondé la ville de
Cercina que Diodore de Sicile décrit comme une petite ville possédant un port
non seulement commode pour les navires marchands mais également propre à
recevoir des vaisseaux de guerre. Cette ville ne devait pas être aussi petite
que cela puisque ses ruines s'étendent aujourd'hui en bord de mer d'Est en Ouest
sur plusieurs kilomètres, depuis les hôtels jusqu'à l'ancienne briquetterie, et
du Nord au Sud sur toute la largeur de l'île Chergui depuis le Borj jusqu'à Sidi
Hadj Ali Ettaouil; sans oublier la partie immergée.
Les fouilles entreprises par l’INP tentent de connaître l’emplacement du port
antique de Cercina.
L' ÉPOQUE
MUSULMANE
Les sources historiques ne permettent pas encore de dire quand les Arabes ont
pour la première fois occupé l'île; l'on sait par exemple que Djerba a été
occupée en 660 sous la conduite de Rouaïfah Ibn Thabet El Ansari.
Cependant les Arabes se sont très vite rendu compte que pour un empire largement
ouvert sur la Méditerranée, sur près de 4000 km de côtes, le danger ne pouvait
venir que de la mer. La tradition veut qu'à peine établi à Carthage (698).
Hassan Ibn Al-Nuhman se fit envoyer d'Egypte mille famille coptes spécialisées
dans la construction navale, et fonda avec leur concours le premier arsenal
arabe (Dar Assinaâ) d'Afrique du Nord. C'est aussi la raison pour laquelle, dès
cette époque, une série de "Ribats" ont jalonné les côtes Nord-africaines de
Tripoli à Tanger. Ainsi, au début du IXe siècle, Kerkena avait son "Ribat" qui
communiquait avec ceux du continent et de Djerba à l'aide, entre autres, de
pigeons voyageurs.
Cette marine, nouvellement constituée a dû faire appel aux kerkéniens habiles
navigateurs depuis la plus haute antiquité. Dès le début du VIIIe siècle des
incursions eurent lieu vers la Sardaigne (703) et la Sicile (704) mais c'est en
827 qu'Assad Ibn Al-Fourat organise la première grande expédition vers la Sicile
et en 969 que Jawhar Assikili conduisit l'expédition qui, au nom de Obeïd Allah
El Fatimi devait conquérir l'Egypte et fonder le Caire. Ces deux expéditions ont
dû comprendre un bon nombre de marins kerkéniens. Il n'en reste pas moins que
jusqu'au XIe siècle les références relatives à Kerkena sont très rares.
A partir du milieu du XIe siècle, les sources relatives aux îles Kerkena vont
devenir très abondantes. Le texte le plus célèbre est celui du chroniqueur
andalou Abou Obeïd El Bekri dans son livre "Al Mamalik Oual Massalik" terminé en
l'an 1068. Le livre d'El Bekri étant composé d'itinéraires (Massalik),
l'archipel de Kerkena se trouve cité à deux reprises.
L'auteur nous donne des informations très importantes sur les îles: il nous
apprend ainsi que la terre y est fertile et qu'elle est en grande partie
ensemencée, et il ajoute que les gens du continent y amènent leurs troupeaux
pour paître, peut-être après la période des moissons (printemps-été) ou sur des
îlots non cultivés.
Il nous apprend également que l'île contient beaucoup de ruines antiques ainsi
que 7 citernes publiques de grande capacité. Le nombre de citernes antiques
relevées aujourd'hui est beaucoup plus important, presque chaque village possède
entre 10 et 15 citernes de moyenne capacité. Le chiffre 7 devait correspondre à
celui des citernes situées près de la mer et encore en activité au XIe siècle ou
bien aux puits situés au centre de l'île Garbi et dénommés Zorhi. Tous ces puits
sont connus des marins de passage. Enfin la dernière information d'El Bekri,
relative aux hauts-fonds (El Kcir) entourant l'archipel, est d'une importance
capitale.
En effet l'auteur nous apprend qu'au Nord-Est de l'île Chergui , il existe un
haut-fond sur lequel s'élève une haute maison antique (El Beit) que les
navigateurs venant d'Orient contournent dès qu’ils la voient afin d'éviter de
s'échouer sur les hauts-fonds.
Aujourd'hui, les marins des villages de Chergui et d'El Attaya connaissent bien
à Kcir Chrachinou, le lieu-dit: Dhar El Beit juste en face de la bouée n°5, où
aujourd'hui il n'y a plus qu'un haut fond qui se découvre à marée basse,
spécialement aux équinoxes. Mais les vieux kerkenniens se souviennent d'un
marabout: Sidi Bou Hajra, situé à Dhar El Beit et où leurs grands pères
allumaient des bougies.
Les Iles Kerkena ont dû être successivement administrées par les Aghlabides, les
Fatimides et les Zirides. Mais lors de la résistance berbère aux Zirides,
l'archipel persiste plus longtemps que sa voisine, Djerba, dans l'opposition
puisque Tamim Ibn El Moez, 6e émir Ziride, n'occupe Kerkena qu'en 1098 (60 ans
après Djerba).
L' ÉPOQUE ESPAGNOL ET SICILIENNE
Cependant l'archipel -tout comme Djerba- ne va pas
tarder à devenir, pendant plusieurs siècles la visée de tous ceux qui veulent
s'assurer la maîtrise de la mer, notamment les Normands de Sicile. C'est ainsi
qu'en 1135, Roger II de Sicile, profitant de la guerre entre les Béni Hamad à El
Kalaâ et les Zirides à Kairouan, occupa un certain nombre de points stratégiques
de la côte comme Mahdia, Djerba et Tripoli. En 1145, bien qu'allié de l'émir
Ziride Hassen Ben Ali, il fait une descente dans les îles Kerkena; l'envahisseur
s'en excusera auprès de l'émir: "Les Kerkéniens n'obéissant pas aux ordres de
l'émir, il s'était cru autorisé à châtier leur piraterie". Il fit ensuite le
siège de Sfax, s'empara d'Abou El Abbas, père du gouverneur de Sfax, et
l'exécuta à Kerkena.
Mais Roger II de Sicile ne pourra établir un pouvoir éphémère (à peine 7 ans)
qu'en 1153 lors de sa deuxième expédition contre Djerba. En 1158 un mouvement
insurrectionnel des Kerkéniens met fin à l'occupation des Siciliens. Deux ans
après, des Almohades venant du Maroc chassaient les derniers Siciliens de Mahdia
(1160). C'est à cette époque que se situe la description de Kerkena par El
Idrissi qui vivait à la cour de Roger II de Sicile: "Kerkena est une île jolie
et bien peuplée bien qu'il ne s'y trouve aucune ville. Les habitants demeurent
dans des cabanes en roseaux, l'île est bien fortifiée; elle est fertile et
produit beaucoup de raisins, de cumin et d'anis.
A partir du début du XIIe siècle commence une période mouvementée de plus de
quatre siècles au cours desquels l'archipel des îles Kerkena, tout comme Djerba,
sera continuellement l'objet d'invasions catalanes ou siciliennes:
En 1285, le Catalan Roger de Loria, agissant pour le compte de Pierre d'Aragon,
occupe les îles Kerkena pour une durée de vingt ans.
En 1315, Kerkena et Djerba sont cédées à la Sicile par le roi d'Aragon.
En 1335, les Kerkéniens se soulèvent à nouveau contre les chrétiens et les
chassent de l'archipel qui revient sous l'obédience Hafside.
En 1356, Ahmed Ben Mekki se sépare des Hafsides de Tunis et se trouve à la tête
d'un état allant de Sfax à Misurata (en Lybie) et comprenant les îles de Kerkena
et de Djerba.
Mais les Siciliens espèrent toujours reprendre pied sur l'archipel: en 1366,
Frédéric le simple de Sicile nomme Jean de Clermont, châtelain de Djerba et
Kerkennah, au cas où celui-ci rattacherait ces îles à l'état sicilien, mais
cette nomination, heureusement, resta toute théorique.
Sous le règne du célèbre Hafside Abou Farès, le 5 décembre 1423, la flotte
d'Alphonse V d'Aragon tente de débarquer sur l'île, 2000 Kerkéniens s'y
opposèrent vainement car les envahisseurs étaient au nombre de 10000 . Les
sources arabes et chrétiennes sont contradictoires sur le nombre des victimes et
le sort réservé aux prisonniers des deux côtés. A partir de cette date
l'archipel va devenir l'enjeu des Turcs et des Espagnols.
ÉPOQUE OTTOMANE
En 1510, Garcia de Tolède,
duc d'Albe, entreprit une expédition contre l'archipel qui échoua et au cours de
laquelle il mourut. Un de ses lieutenants, Pedro de Navarre, voulant venger son
maître se replia sur Tripoli et essuya deux naufrages avant de prendre pied à
Kerkena le 20 février 1511 avec, comme souci majeur, l'approvisionnement en eau
dans les puits dont l'archipel est parsemé depuis les Carthaginois.
Le 24 février 1511, il envoya
le colonel Jérôme Vianilli accompagné de 400 hommes pour curer des puits et
assurer des réserves d'eau pour l'expédition. Le colonel Vianilli ayant
maltraité l'un de ses hommes, celui-ci se rendit secrètement auprès des
habitants de l'île et arguant de sa foi musulmane -c'était sans doute un
chrétien malgré lui- il les conduisit de nuit au camp des Espagnols où les
Kerkéniens les exterminèrent tous sauf deux prisonniers qu'ils envoyèrent l'un à
Tunis l'autre à Djerba.
Les chroniqueurs qui ont
rendu compte de cette expédition (Marmol et D'Avezac) nous ont également appris
qu'à l'époque "l'île était sans habitations, n'ayant aucune place fortifiée,
seulement quelques grandes huttes où les Maures renfermaient leurs récoltes..."
(D'Avezac)"; ou "Querquéné était une île déserte où il n'y avait que quelques
cabanes de bergers parce qu'on y envoie paître tous les troupeaux de la contrée..."
(Marmol).
Quelques années après, Kerkena est à nouveau sous domination étrangère; en effet
Jean de Vega, vice-roi de Sicile vient de reconquérir Mahdia et lève tribut sur
tout le golfe de Gabès, Kerkena comprise. Mais les Turcs commencent à prendre en
main les affaires de Tunisie et l'influence espagnole à décliner. Le 17 mai
1560, la flotte turque mouille devant l'archipel et aidée par la population
locale, elle met en déroute la flotte de Jean de Vega..
EPOQUE MODERNE
Ce n'est qu'à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe qu'une vie normale
reprend dans l'archipel. Une relation anonyme, qui paraît être écrite au
lendemain de l'invasion de 1576 cite sept villages, tandis que Marmol parle,
dans ses écrits au début du XVIIe siècle, de "plusieurs hameaux de berbères,
gens pauvres et méchants". La méchanceté, sous la plume d'un Espagnol qui fut
fait prisonnier par les Arabes (1556), s'adresse aux Kerkéniens corsaires qui
écument les mers en compagnie des Turcs.
Cependant malgré la prépondérance des Turcs en Méditerranée, l'archipel sera
encore plusieurs fois l'objet de tentatives de débarquement de la part des
Espagnols (en 1586 et 1611) ou des Vénitiens (1620).
Nous pouvons conclure que dès le début du XVIIe siècle, l'archipel, bénéficiant
d'une période de tranquillité, va prendre peu à peu l'aspect qui sera le sien au
moment de l'occupation française en 1881...
Les Kerkennah (قرقنة),
parfois orthographié Kerkenna ou Kerkena, sont un archipel tunisien de la mer
Méditerranée situé à une vingtaine de kilomètres au large de Sfax.
Administrativement, il constitue une délégation rattachée au gouvernorat de Sfax,
composée de dix imadas, mais aussi une municipalité.
APERCU HISTORIQUE PAR EPOQUES
Le territoire de la Phénicie correspond au Liban auquel il faudrait ajouter
certaines portions de la Syrie, et de la Palestine.
Les Phéniciens étaient un peuple antique d'habiles navigateurs et commerçants.
Partis de leurs cités-États en Phénicie, ils fondèrent dès - 3000 de nombreux
comptoirs en bordure de la Méditerranée orientale, notamment Carthage (en -
814). Rivaux des Mycéniens pour la navigation en Méditerranée à l'époque
archaïque (IIe millénaire av. J.-C.), les Anciens s'accordèrent cependant à dire
qu'ils furent les meilleurs navigateurs de l'Antiquité.-
Le nom Phénicien leur a été donné par les Grecs qui faisaient ainsi allusion à
leur faculté à produire de la pourpre, qui se dit phoinix en grec. Ce nom évolua
en latin en Punicii d'où le nom des guerres puniques.
Selon Pline, « le peuple phénicien a l'insigne honneur d'avoir inventé les
lettres de l'alphabet »..
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La civilisation carthaginoise ou civilisation punique est une civilisation à
l'origine de l'une des plus grandes puissances commerciales et militaires de
l'Antiquité dans le bassin méditerranéen.
Fondée par les Phéniciens sur les rives du golfe de Tunis, la cité de Carthage
développa une civilisation remarquable, bien que moins connue que celle de sa
rivale romaine en raison de la destruction de la cité par sa rivale à la fin de
la Troisième Guerre punique :
Carthage (قرطاج) est une ville tunisienne située au nord-est de la capitale
Tunis.
L'ancienne cité punique, détruite puis reconstruite par les Romains qui en font
la capitale de la province d'Afrique proconsulaire, est aujourd'hui une banlieue
huppée de Tunis regroupant de nombreuses résidences d'ambassadeurs. La ville
possède encore de nombreux sites archéologiques, romains pour la plupart,
classés au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979.
La municipalité de Carthage, qui compte 15 922 habitants en 2004[1], abrite le
palais présidentiel ou encore la mosquée El Abidine. L'aéroport international de
Tunis-Carthage est situé à quelques kilomètres à l'ouest de la ville.
Le terme Rome antique désigne à la fois la ville de Rome et l'État qu'elle fonde
dans l'Antiquité. L'idée de Rome antique est inséparable de celle de culture
latine. C'est un destin extraordinaire que celui de ce regroupement de villages
au VIIe siècle av. J.-C., qui parvient à dominer l'ensemble du monde
méditerranéen et ouest-européen du Ier au Ve siècle par la conquête militaire et
par l'assimilation des élites locales. Dans ses siècles d'existence, la
civilisation romaine passe d'une monarchie à une république oligarchique puis à
un empire autocratique. Sa domination sur l'Europe de l'Ouest et la région
méditerranéenne a laissé d'importantes traces archéologiques et de nombreux
témoignages littéraires.
Les Fatimides (arabe : al-fātimiyyūn الفاطميون) sont une dynastie d'arabes
chiites qui établirent leur autorité en Afrique du Nord à partir de Ikdjane,
petite Kabylie, wilaya de Sétif dans l'Est Algérien, entre 909 et 1171, et
fondèrent un califat dissident des Abbassides de Bagdad.
L'arrivée de la dynastie fatimide, marque un renouveau culturel important. Les
Fatimides portent un grand intérêt aux livres, aux bibliothèques et à la
littérature. Ils installent une grande bibliothèque à l'intérieur même de leur
palais, où ils accueillent de nombreux écrivains, historiens, juristes, savants
et poètes, qui venant se documenter, pour écrire des ouvrages de littérature,
d'histoire, de sciences ou des recueils juridiques. Véritables mécènes, ils
entretiennent ainsi un grand nombre d'intellectuels, écrivains ou poètes, à qui
ils attribuent d'importantes sommes d'argent et de nombreux cadeaux.
Les Aghlabides (الأغالبة) ou Banû El Aghlab (بنو الأغلب) sont une dynastie
d'émirs issue de la tribu arabe des Banu Tamim originaire du Khorassan. Première
dynastie arabe ayant régné sur l'Ifriqiya au nom du calife abbasside, de 800 à
909, elle compte onze souverains avant d'être évincée avec l'installation des
Fatimides.
Les Aghlabides furent des grands constructeurs qui embellirent beaucoup de
villes de leur royaume. C'est notamment sous leur règne que la mosquée Zitouna
est achevée dans sa totalité.
Le sicilien ((scn)sicilianu) est une langue appartenant au
groupe des langues romanes de la famille des langues indo-européennes. Au sens
strict, ce terme désigne le sicilien de Sicile et ses multiples dialectes,
tandis qu'au sens large, l'on se réfère au groupe linguistique sicilien
comprenant le sicilien de Sicile, le calabrais centro-méridional, le salentin
ainsi que le cilentain méridional.
L’Empire ottoman (Osmanlı İmparatorluğu en turc moderne),
est un empire multi-ethnique, qui a existé de 1299 à 1922 (soit 623 ans). Il a
laissé la place, entre autres, à la République de Turquie. Fondé par un clan
turcique oghouze en Anatolie occidentale, l'Empire ottoman s'étendait au faîte
de sa puissance sur trois continents : toute l'Anatolie, les Balkans, le
pourtour de la mer Noire, la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie, la Péninsule
arabique et l'Afrique du Nord (à l'exception du Maroc).
La Méditerranée occidentale constitue l'espace imaginé des
héros de la mythologie. On pense tout de suite aux îles des Lotophages : Djerba,
l'île rêvée, mais sait-on qu'Ulysse a rencontré la déesse Circée à Qerqueneh, la
moderne Kerkennah, au large de Sfax sur la côte tunisienne ? Deux îles
principales et cinq îlots forment l'archipel de Kerkennah ; deux îles au charme
polynésien, avec des villages toujours traditionnels, des rivages chargés de
lumière, la chaussée romaine, le Kantara, qui relie les deux îles, le bord
dressé de ruines antiques, et un petit cap enfin, bien découpé, à Kratten
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de Tunis. Informations, nouvelles, et services.Tunis (تونس) est la
principale ville de la Tunisie. Capitale du pays sans interruption depuis le 20
septembre 1159 (5 ramadan 554 du calendrier musulman)
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contemporaine,Médina, Kasbah, Grande mosquée, Musée archéologique, Souks,
kairouan.org le portail de
référence, vous allez découvrir un patrimoine culturel et historique
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Kairouan (جامع القيروان الأكبر), également appelée Mosquée Oqba Ibn Nafaa (جامع
عقبة بن نافع)
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Site Web de la
municipalité de SOUSSE
La ville de Sousse a eu au fil des
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géographique qui en fait un trait d'union ...
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Monastir, le nom déjà est une
véritable invitation au voyage, à la découverte. A l'extrémité sud du golfe
d'Hammamet, la région de Monastir est une terre de .
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gouvernorat du même nom, elle constitue une .. ...
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